Fily
Lire en filigrane
Rendre visibles les ressorts cachés d'un discours, de la surface des mots jusqu'à la stratégie de l'argument.
Fily, surnom de « Filigrane », est le moteur d'analyse rhétorique de Mythodologie.
En quelques mots
Un discours qui manipule ne se contente pas d'avoir tort : il joue sur l'émotion, l'autorité et l'apparence du raisonnement pour emporter l'adhésion. Fily décortique cette mécanique et la rend lisible.
Donnez-lui un texte, il en révèle les ressorts : le vocabulaire mobilisé, la structure des phrases, l'architecture des arguments, et les stratégies à l'œuvre. Au lieu de dire « c'est manipulateur », il montre où, comment et sur quoi le discours agit.
Fily naît de plusieurs études déjà menées par Mythodologie : le procès de Mazan, les narratifs médiatiques du procès Bacot, une comparaison de textes religieux et philosophiques. L'outil rassemble ces analyses en un seul moteur, encore en cours de développement. Il sert la recherche, en analysant de grands corpus avec rigueur, mais aussi la pédagogie : il donne aux jeunes des exemples concrets, tirés de vrais discours.
Un exemple en images
Sur une phrase ordinaire, Fily souligne chaque ressort et signale les procédés qui cherchent à court-circuiter la réflexion.
« Tout le monde le sait, si on ne réagit pas maintenant, ce sont nos enfants qui en paieront le prix. Les experts sont formels : les chiffres parlent d'eux-mêmes. »
Les trois registres d'Aristote
Depuis l'Antiquité, on distingue trois façons de convaincre. Fily mesure leur part dans un discours, pour voir lequel domine.
Ethos
L'autorité, la crédibilité : « les experts sont formels », « en tant que parent ».
Pathos
L'émotion : la peur, l'indignation, l'attendrissement, l'urgence.
Logos
La raison, les chiffres, l'enchaînement logique, vrai ou apparent.
Au-delà des registres : les techniques
Ethos, pathos et logos disent sur quel levier un discours appuie. Fily va plus loin et nomme les procédés précis, ceux qu'on croise dans une publicité, une vidéo virale ou un discours de défense.
Appel à la peur
Agiter une menace pour couper court à la réflexion.
Appel à l'autorité
« Les experts le disent », sans préciser qui ni comment.
Faux consensus
« Tout le monde le sait » : présenter une opinion comme une évidence partagée.
Faux dilemme
Réduire le débat à deux options, en cachant les autres.
Pente glissante
Prétendre qu'un premier pas mène fatalement au pire.
Homme de paille
Caricaturer la position adverse pour la réfuter plus facilement.
Généralisation hâtive
Tirer une règle générale d'un ou deux cas isolés.
Urgence artificielle
« Maintenant ou jamais » : forcer la décision dans la précipitation.
Culpabilisation
« Si tu ne fais pas ça, tu fais partie du problème. »
Chaque procédé repéré devient une fiche : le nommer, comprendre sur quoi il agit, puis savoir le contrer. C'est cette grille qui sert de base aux ateliers.
Le revers : Nebulo
Les procédés que Fily repère, notre générateur Nebulo les emploie à dessein pour fabriquer un discours qui sonne juste mais ne dit rien. En atelier, les jeunes affrontent ce texte, démasquent les techniques à l'œuvre, puis l'outil révèle celles qu'il a vraiment utilisées.
Fily lit la rhétorique pour la rendre visible, Nebulo la met en scène pour la faire ressentir. Les deux outils servent le même but : reconnaître la manipulation pour ne plus la subir.
Découvrir NebuloQuatre niveaux de lecture
Fily n'analyse pas un texte d'un seul bloc. Il l'examine couche par couche, du mot isolé jusqu'à la manœuvre d'ensemble, chaque niveau vérifiant les autres.
On compte les marqueurs de surface (vocabulaire de l'émotion, de l'autorité, de l'urgence) et on les compare d'un corpus à l'autre avec une vraie batterie statistique.
On analyse la syntaxe : impératifs, négations, modalité (« il faut », « on doit »), voix passive. Là où un effet lexical pourrait n'être qu'un artefact, la grammaire confirme ou infirme.
On repère les connecteurs qui font raisonner (parce que, donc), concéder (mais, bien que), conditionner (si), et l'attribution de parole. C'est le niveau le plus proche de la rhétorique classique.
On code chaque prise de parole selon une taxonomie de stratégies et selon les trois registres d'Aristote : ethos, pathos, logos. Un classifieur entraîné localement assiste l'analyse.
Sous le capot
Réutilisable
Le moteur ne contient aucune donnée. Chaque étude apporte son corpus et sa taxonomie sous forme de « preset » : procès, désinformation, textes religieux.
Local et reproductible
Le codage des arguments tourne hors ligne, sans clé d'API externe. Les mêmes données donnent les mêmes résultats, ce qui compte pour la recherche.
Mesuré, pas affirmé
Tailles d'effet, tests de permutation, correction des comparaisons multiples : un écart n'est retenu que s'il résiste aux contrôles statistiques.
Fily au travail
Le procès de Mazan
736 prises de parole analysées : taxonomie des stratégies de déresponsabilisation et poids émotionnel mesuré sur les registres d'Aristote.
Lire l'articleLes narratifs du procès Bacot
953 articles, tweets et commentaires (2017-2023) autour du procès de Valérie Bacot, classés en huit narratifs médiatiques. Un travail mené par Coline.
Voir le corpusReligieux vs philosophique
37 textes (Bible, Coran, Gita, Platon…) passés au crible des marqueurs rhétoriques, de la recherche sémantique et des contrôles statistiques.
Fily alimente aussi nos ateliers « Ma Parole, mon arme » : les exemples travaillés avec les jeunes sortent de ces corpus réels.
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